On ne présente plus Scream : phénomène horrifique des années 90, crée par Wes Craven (qui traumatisa une autre génération (celle des années 80) avec Nightmare on Elm street et son croquemitaine Freddy Krueger), et Kevin Williamson et qui devint une véritable pièce de la pop culture. L’ingéniosité de Scream réside dans son commentaire Meta avec ses références, sa reconstruction du film d’horreur mais surtout du slasher movie. Révolutionnaire en son temps, Scream a engendré des ersatz (I Know what you did last summer, Urban Legend etc..), mais aussi plusieurs suites qui, malheureusement, n’arriveront pas à la hauteur de l’original. 25 ans après le premier volet, l’idée d’un nouvel épisode de la saga semblait saugrenue. Cela dit, avec le revival de toutes les franchises ayant marqué la pop culture (avec des effets catastrophiques que l’on connait pour certains), on n’allait pas tarder à revoir la tronche de Ghostface apparaître sur nos écrans. C’est désormais chose faite avec ce 5ème opus sobrement intitulé Scream. La magie opère-t-elle toujours ? réponse dans les lignes qui vont suivre.

 

Meta Slasher

Après 4 films et une série télé, ce 5éme opus veut se démarquer de ses prédécesseurs.Tout d’abord, le titre Scream sans aucun chiffre à l’arrière veut revenir aux origines de la saga. Dès la scène d’introduction, on se retrouve dans une reproduction de la séquence culte du premier (immortalisée par Drew Barrymore), mais avec un Twist. Cette séquence fait le constat que la culture du film d’horreur a complètement changé. Voir la victime mentionner des films comme Hereditary, The Witch, Midsommar ou même The Babadook (my kind of shit) démontre l’évolution du film horrifique depuis le temps. La force de Scream (mais aussi sa faiblesse, on va y revenir) réside dans son analyse Meta de l’état de la franchise. En utilisant Stab (Le film dans le film crée dans Scream 2) , Il fait un constat de l’impact qu’a pu avoir le film à travers les années. Même s’il est un peu bancal par rapport au premier opus, le commentaire demeure intéressant, du moins dans la première partie. Autre point positif, le passage à une nouvelle génération de protagoniste (certes pas aussi iconique que les originaux) mais avec un point d’orgue assez intéressant comparé aux prétextes sortis dans les épisodes précédents pour le retour du tueur. Certaines exécutions sont assez bien foutues même si ça n’atteint jamais ceux des deux premiers titres.

Prétention quand tu nous tiens

Mais Scream se tire une balle dans le pied au fur et à mesure que le film évolue. Tout d’abord sa critique envers les Requel (suite qui reprends les codes et le déroulement du premier tout en essayant de proposer quelque chose de nouveau. Le parfait exemple est The Force Awakens de la saga Star Wars dont il se proclame en être un des héritiers du genre. L’analyse d’un des personnages dans ce sens reprend une des séquences emblématique du deuxième Scream sur les suites mais en plus grossier. En critiquant tout ce qui se fait dans le genre et en se proclamant comme une exception à la règle, le message de ce Scream est hautement prétentieux. Malheureusement, elle tombe dans la catégorie des suites qui se croient intelligentes mais qui, au final, se trouvent beaucoup plus creux qu’ils n’en ont l’air.  En reprenant certaines scènes cultes du premier, Scream nouvelle génération démontre sa grande faiblesse dans sa peine d’essayer de transcender son statut de suite et de se proclamer comme la nouvelle référence pour une nouvelle génération alors qu’il n’y a plus de fraîcheur dans une franchise qui a déjà épuisé ses balles depuis belle lurette. L’originalité et la fraîcheur du premier opus demeurait dans son concept qui proposait quelque chose d’inédit dans le genre : Un film qui connait les codes du genre et qui en joue pour bluffer son spectateur. Une scène spécifique de cet opus (la scène de la cuisine) essaie de réitérer le tir avec un faux suspense forcé qui fera bailler le fan qui connait les codes par cœur. Idem pour le whodunnit tellement évident qui témoigne de la paresse scénaristique du script.

Méta casse couille

Au final, Ce Scream se retrouve le cul entre deux chaises dans sa façon d’aborder son sujet et le mettre au gout du jour tout en passant le flambeau à une nouvelle génération. Certaines idées sont assez intéressantes (surtout quand le film sort des sentiers battus sans s’autoréférencer) et les acteurs, anciens comme nouveaux,  s’en sortent assez bien. D’un autre côté, l’exécution de certaines séquences en plus de sa prétentieux de critiquer tout ce qui se fait autour alors qu’il tombe lui même dans cette catégorie, en font une oeuvre qui essaie de réitérer ce qui faisait le succès de l’original mais sans la fraîcheur de ce dernier. En essayant de remettre au gout du jour une franchise ancrée dans une certaine époque tout en l’imprégnant des idéologies actuelles, Scream se rajoute à la longue liste des franchises qui auraient du rester au placard. Tout comme la dernière réplique d’un des personnages, celui-là pourra mourir dans l’anonymat le plus total et sera oublié après un certain temps. Le film confirme le constat peu reluisant du genre horrifique aux states, mais heureusement, on a des auteurs comme Ari Aster (Hereditary, Midsommar), Roger Eggert (The Witch) ou même Jennifer Kent (The Babadook) et Rose Glass (Saint Maud) pour redorer le blason et renouveler un genre qui a tendance à s’essouffler.

Note : 4/10